Paper Girls tome 1 – Urban comics

Le scénariste Brian K. Vaughan a encore frappé: l'auteur (peut être) le plus intéressant de ces dernières années s'est associé à l'excellent Cliff Chiang ("Wonder Woman" version New 52) pour cette fois nous ramener dans les (mythiques) années 80 à travers l'histoire de 4 jeunes ados, livreuses de journaux dans une petite ville américaine, qui vont être confrontées à des phénomènes et choses étranges, en 1988... Toutes ressemblances à une récente série tv diffusée cet été sur Netflix, et à toute la culture pop/geek des 80's n'est aucunement fortuite bien entendu, même plutôt évidente, tant cette décennie fabuleuse (où , pour faire vite, la culture geek a explosé) est continuellement revisitée à travers la plupart des médias, cinéma bien sur, série tv, et dans notre cas, comic-book.

Si on peut aujourd'hui dire sans détour que le "big bang" de la culture geek se situe aux alentours du 25 mai 1977 (sortie de Star Wars aux usa), ses origines sont néanmoins plus lointaines (on peut considérer la culture "pulp" d'avant guerre comme un ancêtre valable), et qu'elle s'est doucement développée durant les 60's/70's, pour vraiment prendre son envol dans les années 80. La convergence de différents talents (cinéastes, écrivains, scénaristes) et d'auteurs de comics qui ont grandis dans les années 60/70,  l'évolution des technologies (au cinéma, dans les jeux vidéos balbutiants), tous ces éléments se sont retrouvés dans cette décennie qui a tellement marqué la culture pop en général, qu'elle est aujourd'hui encore ( pour le meilleur mais souvent le pire) pillée de son essence.

Alors hommage ou plagiat? le débat est lancé. Et comme pour la série "Stranger Things" (plutôt bonne au demeurant, mais un peu vaine), "Paper Girls" suscite à mon avis le même sentiment: on a là un produit bien écrit, bien présenté, avec une structure narrative proche des séries tv, des dessins attachants, mais l'ensemble sonne un peu creux... Vaughan aurait dû prendre + de temps pour développer ses personnages, les présenter avec plus de détails pour que le lecteur ait envie de s'y attacher. La surabondance de phénomènes étranges, de cliffhangers, de concepts bizarres nuisent au final un peu à la compréhension et à la lecture.

Vaughan avait su beaucoup mieux gérer ces éléments dans son chef d'oeuvre "Y le dernier homme" et on a l'impression à la lecture de "Paper Girls" que son histoire part un peu dans toutes les directions et c'est dommage. ( à noter que "Y le dernier homme" est à lire absolument, l'intégrale en 5 tomes est disponible chez Urban également, l'achat est obligatoire, et ce comic-book génial renvoie Kirkman et ses morts-vivants à ce qu'ils sont : une série B)

Mais il y a bien sur des points positifs qui motivent le lecteur pour connaître la suite : des dessins soignés au style moderne, une belle mise en couleur, des références qui plairont au trentenaire/ quarantenaire, et un coté "science fiction/métaphysique" intéressant ( là où "Stranger Things" lorgnent + vers du fantastique à la Stephen King et Lovecraft). Grâce à une dernière planche intrigante (mais un peu évidente quand même), on aura quand même la curiosité de savoir la suite des aventures de ces sympathiques Goonies...pardon, "Paper Girls"!

 


PAPAER GIRLS
URBAN COMICS
Brian K. Vaughan
Sortie 07/10/2016
10 €

 
 

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